Mettre des mots sur ce que l’on ressent

Hello toi, tu vas bien? Moi, ça va. Une réponse qui ne veut rien dire car elle cache souvent bien plus d’émotions que ces deux mots laissent paraître. Des émotions que l’on ne peut pas exprimer verbalement ou qu’on n’a pas envie de partager.

J’ai sauté une publication dimanche dernier

Alors bien sûr ce n’est pas la fin du monde et il y a des choses plus graves. Une pandémie mondiale par exemple. Je te l’accorde. Mais écrire sur ce blog me permet d’avoir une certaine structure dans le chaos que l’on vit actuellement. Il me permet aussi de m’évader, de créer, de me faire plaisir. Alors oui, sauter une publication m’a un peu chamboulé.

Depuis octobre, je suis une routine qui me permet d’avoir une semaine d’avance sur mes articles. C’est un rythme qui me plait bien car je suis toujours excitée à l’idée de publier le prochain article. Puis est arrivé le moment fatidique où je publiais le dernier article et je n’en avais plus pour la semaine d’après. Ça m’est déjà arrivé plusieurs fois. Cela fait près de 10 ans que je tiens pretty naive et j’ai déjà partagé tellement de choses sur ce blog. Généralement une idée me vient à l’esprit quelques jours après et j’ai le temps de la mettre noir sur blanc avant dimanche, mon jour de publication. Là rien. J’avais bien l’une ou l’autre idée mais elles ne m’inspiraient pas plus que ça. Et si je n’étais pas convaincue, je doute que tu l’aurais été à ton tour. Alors au lieu de précipiter le tout et sortir un article qui ne me plaisait pas, j’ai préféré ne rien publier.

La créativité va et vient

Il y a des moments où je suis super inspirée. J’ai des concepts plein la tête, des idées de photo et sujets d’article, et tout à coup plus rien. J’ai l’impression de tourner en rond, de créer la même chose encore et encore. Je ne suis pas inspirée. Si comme moi, tu subis le syndrome de la page blanche, je t’invite à jeter un œil à mon article comment stimuler sa créativité. Qui sait, tu y trouveras peut-être quelque chose d’intéressant. Si pas, c’est tout à fait acceptable aussi. Notre société glorifie une constante productivité. On doit toujours produire quelque chose. Que ce soit au travail, en ayant un side hustle ou même à la maison. Ne rien faire est mal vu. Et pourtant on sait aussi que le surmenage conduit au burnout.

Qu’est-ce qui t’inspire ces derniers temps?

Dans mon journal, j’ai écrit cette question et j’ai eu envie de partager ma réponse ici.

Pour être tout à fait honnête, pas grand-chose. J’ai l’impression d’être en limbo. Mon inspiration me vient généralement de mon environnement. Je la trouve dans la rue, à regarder les gens, à écouter le bruit urbain. Et je n’ai pas vraiment eu l’occasion de le faire récemment. La ville où je vis actuellement est assez petite et n’est pas du genre stimulante. Ce n’est ni une grande ville où il se passe beaucoup de choses, ni la campagne où je pourrais me promener dans la nature. C’est un entre-deux, en limbo. L’été, c’est assez sympa car je peux faire le plein de vitamine D dans le jardin. Mais en hiver, c’est un peu plus difficile. Si j’étais à Londres, ce serait sans doute pire. Ils sont dans un confinement plus stricte et tout est fermé.

Je pourrais me plonger dans la lecture, une série, un film, un documentaire… Je pourrais. Mais j’ai terminé un livre le 25 janvier et depuis, plus rien. Je n’ai pas lu une seule page. Même regarder la finale de Chilling Adventures of Sabrina ou lancer Bridgerton, ne me tente pas. Professionnellement, c’est un peu la même chose, je ne me sens pas inspirée. Ce qui est plutôt embêtant quand on travaille dans un domaine créatif. Alors que je n’ai envie de rien, j’ai aussi envie de créer plein de choses. De gribouiller avec Procreate, d’enregistrer des épisodes de podcast, de prendre des photos, de créer des vidéos etc. Mais je n’ai pas le temps, je ne trouve pas le temps ou je ne veux pas le trouver. Le soir ou le weekend, j’ai envie d’évasion car le télétravail me bouffe petit à petit. À vrai dire cette crise sanitaire bouffe ma créativité.

Mettre des mots sur ce que l’on ressent

Le 22 janvier, j’étais à Bruxelles. Le weekend qui a suivi j’étais de bonne humeur, je l’avais même mentionné dans mon article résumé du mois de janvier en photos. Aujourd’hui à la question comment te sens-tu?, j’ai envie de répondre frustrée.

Frustration:

  • Le sentiment d’être contrarié.e ou ennuyé.e parce qu’on est incapable de changer ou de réaliser quelque chose. 
  • La prévention du progrès, du succès ou de l’accomplissement de quelque chose.

La pandémie donne l’impression que nous vivons le même jour, jour après jour. Comme si on était coincé dans une boucle temporelle. On ne vit jamais complètement dans le présent. Souvent on ressasse le passé pour s’améliorer, pour voir le chemin que l’on a fait. On se focalise également sur le futur, sur nos projets. Et là on n’a pas vraiment l’occasion de le faire. Même si on voit la fameuse lumière au bout du tunnel avec le déploiement du vaccin, on est loin d’y être. On ne peut pas vraiment se projeter car rien n’est certain. Et pour quelqu’un qui adore se projeter, c’est frustrant.


Donc voilà comment je me sens.

Habituellement, j’aurai tendance à finir un billet d’humeur en m’excusant pour cette longue tirade mais pas cette fois. J’avais envie de le mettre noir sur blanc pour les personnes qui, comme moi, gardent tout à l’intérieur car on se dit que d’autres choses sont bien plus importantes que nos émotions. Oui et non. Que ce soit perdu.e, fatigué.e, en colère ou comme moi frustré.e, mettre les mots sur ce que l’on ressent, aide à avancer. Peut-être pas physiquement mais mentalement.

Prends bien soin de toi ♥

Merci Oxford Languages pour les définitions du mot frustration que j’ai dû traduire car notre bon vieux Larousse dit de la frustration: action de frustrer quelqu’un d’un bien, d’un avantage. Rien de plus frustrant n’est-ce pas?


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