Mindhunter: Livre vs Série

Avec le développement de séries télévisées comme CSI (en cours depuis 2000) ou encore Criminal Minds (2005-2020), il n’est pas étonnant qu’à un moment donné tout le monde voulait devenir criminologue. Je suis sûre que les universités ont vu leur taux d’inscription en psychologie et autres matières similaires augmenter après le lancement de ce genre de série. L’idée m’a également titillé. Pourtant mon intérêt pour ce sujet n’était pas nouveau. Tout à commencer avec Millenium (1996-1999) et Profiler (1996-2000, avec un jeune Julian McMahon avant qu’il soit le sexy Cole Turner dans Charmed ou encore le Dr Christian Troy dans Nip/Tuck). À l’époque, ces séries n’étaient pas aussi sanglantes qu’elles le sont aujourd’hui. Sérieusement on ne voyait rien. C’était plutôt une histoire de suspense et d’investigation. Depuis les comportements humains m’ont toujours fasciné.

Ce n’est donc pas étonnant que lorsque Netflix annonça la série Mindhunter en 2017, je l’ai dévorée en quelques jours. Et cette année, j’ai enfin lu (ou plutôt écouté) le livre sur lequel se base la série, Mindhunter: Inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit écrit par John E. Douglas et Mark Olshaker. Livre que j’ai également dévoré. Alors je me suis dit qu’un article pour comparer les deux (comme celui que j’avais fait sur Sharp Objects) pourrait être intéressant!

Mindhunter, l’histoire 

1977, nous sommes à l’aube de la criminologie et du profilage au FBI. Le terme serial killer n’existe pas. Et pourtant des prédateurs comme Charles Manson, Ted Bundy, Ed Kamper continuent de perpétrer des crimes à répétition. Mais pourquoi? Qu’est-ce qui poussent ces personnes à l’acte? Un certain gêne du meurtrier ou des circonstances extérieures? L’unité des sciences du comportement du FBI (FBI’s Behavioral Analysis Unit ou BAU) va interviewer plusieurs criminels en prison afin de comprendre leur comportement, leur agissement et la raison de ces actes meurtriers. Le but de cette étude est de déceler un modus operandi dans l’espoir de développer des techniques pour arrêter d’autres criminels de ce type et résoudre des affaires en cours.

Mon avis sur la série Netflix

Mindhunter commence avec la rencontre des agents du FBI Bill Trench et Holden Ford, lorsque ce dernier cherche à suivre une formation en psychologie criminelle. Trench, à la tête des sciences du comportement, emmène Ford sur les routes afin d’enseigner les techniques du FBI aux forces de l’ordre locales. En cours de route, ils aident à élucider des affaires et s’entretiennent avec des criminels dans différents établissements pénitenciers. 

Encore une série du cru Netflix qui se trouve être une pépite. Mindhunter est intense. La musique, l’esthétisme et le sujet y sont pour beaucoup. On est littéralement plongé dans l’esprit des criminels à travers les interviews réalisées par les agents Trench et Ford. Lors de la première saison, c’est le personnage d’Ed Kamper (the coed killer/le tueur d’étudiantes) qui m’a le plus intrigué. L’acteur Cameron Britton a étudié le personnage à la loupe et m’a complètement bluffé dans son interprétation (à voir: Mindhunter vs Real Life Ed Kemper – Side By Side Comparison). Une représentation quasi exacte de ce dernier. À chaque interview de criminels, je faisais une nouvelle recherche et j’étais bluffé de voir à quel point la série dépeignait les faits avec justesse. C’est certainement ce qui m’a le plus plu dans celle-ci. Son côté vrai et non exagéré à l’américaine. 

Le fait que la série se passe entre 1977 et 1981 ajoute bien évidement du charme à celle-ci. C’est une époque qui m’a toujours fasciné de par son esthétisme. C’est pourquoi je décrirai Mindhunter comme étant Criminal Minds meets Mad Men in the 70s. J’ai adoré suivre les deux agents dans leur découverte des prémisses de la criminologie, la conjonction du crime et de la psychologie. Dans la deuxième saison sortie en 2019, l’unité se développe de plus en plus ce qui rend vraiment les épisodes intéressants. C’est clairement le genre de série que l’on binge. Le seul bémol est peut-être le déclin du personnage de Holden Ford. Je l’avais vraiment aimé dans la première saison et ici, je l’ai trouvé un peu antipathique et imbu de sa personne. J’espère néanmoins qu’une troisième saison verra le jour surtout après avoir lu l’histoire originale. 

Mon avis sur le livre de John E. Douglas

En littérature, mes deux genres préférés sont les biographies et les thrillers. Alors si un livre combine les deux, c’est presque avec certitude que je vais l’aimer. Mindhunter: Inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit m’a plu dès les premières lignes. Raconté avec brio par Richard M. Davidson, j’ai tout de suite été plongée dans l’histoire. Celle de John E. Douglas, agent du FBI, sur lequel se base vaguement le personnage de Holden Ford. Le lecteur a donné vie à l’agent. Il avait l’air ferme, intense mais aussi vulnérable. Une personne réelle avec de vrais problèmes qu’il a dû affronter tout au long de sa carrière au FBI. Et dans ce sens il me rappelle un peu le personnage de Bill Trench. 

Alors que dans la série, les faits sont un peu précipité, j’ai aimé en apprendre un peu plus sur l’histoire de John Douglas, son parcours au FBI et le développement de cette fameuse unité des sciences du comportement. Néanmoins les deux protagonistes, Douglas et Ford, sont différents. Impulsifs, mordus du travail, épatants certes mais Douglas est marié, a des enfants et semble plus stable que Ford. Pourtant sa situation personnelle est plus compliquée.

Globalement, c’est un excellent livre. Très bien écrit, détaillé et captivant. Et pourtant simple à comprendre. Souvent les romans sur ce sujet sont bourrés de jargons incompréhensible et ici, c’était vraiment facile à suivre. Pour une fois, je suis contente d’avoir vu l’adaptation en série avant d’avoir lu le livre. Cela m’a permis de mettre un visage sur les personnages et surtout je me suis rendu compte à quel point l’adaptation était fidèle. Surtout lors des conversations entre les agents et les tueurs en série. Au fil d’interviews, ils ont commencé à découvrir des similarités entre les tueurs. Bien que leurs crimes soient différents, des profils se répètent et c’est ce qui a permis à Douglas et son unité d’arrêter de nombreux criminels. 


En conclusion, Mindhunter, que ce soit l’originale ou l’adaptation, est une histoire captivante. Certains critiquent le livre, expliquant qu’il se focalise trop sur John E. Douglas mais je ne n’ai pas eu cette impression. Je pense que ces personnes oublient qu’il s’agit avant tout d’une biographie et non pas d’un ouvrage éducatif. Son récit vous plongera dans les coulisses du FBI et le début de l’unité des sciences du comportement en décortiquant les criminels, ces tueurs en série qui continuent à hanter certaines régions des États-Unis. Je recommande les deux versions à tous ceux qui s’intéressent aux crimes en série, aux comportements humains et au FBI. Les deux se valent et sont finalement plutôt complémentaires à mon avis. Avez-vous vu/lu/écouté Mindhunter? Qu’en avez-vous pensé?


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