Quelques réflexions depuis le confinement

Cela fait quelques mois que je n’ai pas écrit de billet d’humeur et il était temps d’y remédier. Petit disclamer, je vais partager ce à quoi ressemble ma vie en confinement et toutes les émotions que je ressens ces derniers temps. Je voulais vous épargner un énième contenu sur la distanciation sociale, la pandémie, la crise que nous vivons mais c’est ce qui occupe majoritairement mes pensées en ce moment. Mettre les choses noir sur blanc me fera du bien et peut-être à vous aussi.

Pourquoi je n’adhère pas au concept de nouvelle normalité

Je n’aime pas la façon dont les gens décrivent cette situation comme la nouvelle normalité. Félicitations si vous avez réussi à adapter votre routine quotidienne mais on ne peut pas qualifier de normale une situation qui change radicalement notre vie. Il s’agit d’une crise mondiale que personne n’a vu venir et surtout on ne sait pas vraiment comment y faire face. Alors il est bon de se rappeler que chacun fait de son mieux, vous, votre voisin et même les politiciens. Nous faisons ce qui nous est demandé, nous restons chez nous, nous nous lavons les mains 347 fois par jour et c’est loin d’être aussi simple qu’il y parait.

Je suis casanière, j’adore rester chez moi, j’aime être seule jusqu’à ce que je n’en aie plus envie et j’ai besoin de voir du monde. Mais aujourd’hui nous n’avons plus ce luxe. Notre prise de décision nous a été enlevée. Et ça, ce n’est pas normal.

Pourquoi je me sens coupable d’avoir un job

On a enfin l’opportunité de faire ce que l’on a toujours voulu faire et ce que l’on remettait au lendemain par manque de temps. Apprendre une langue, commencer un nouveau passe-temps, développer ses compétences, nettoyer sa garde-robe, lire tous les livres qui prennent la poussière dans notre bibliothèque, binge-watcher un million de séries télévisées… Maintenant que nous avons tout ce “temps supplémentaire”, nous devrions pouvoir en faire plus et faire toutes ces choses. Mais certain.es d’entre nous travaillent.

Bien que j’apprécie le fait d’avoir un emploi, d’être dans une industrie qui permet de s’adapter au télétravail assez facilement, je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable d’avoir ce job. Parce que beaucoup de gens sont maintenant partiellement au chômage ou pire ont perdu leur emploi. Alors oui, je suis reconnaissante d’avoir un job, d’avoir une salaire qui tombe à chaque fin de mois et de faire des heures supplémentaires chaque jour pendant que tout mon flux Instagram joue à Animal Crossing 24 heures sur 24. Mais je me sens aussi coupable et envieuse. Je n’ai pas l’impression de vivre cette pandémie. Je n’ai pas le temps de faire tout ce que j’ai toujours voulu faire car je n’ai pas ce “temps supplémentaire”.

Pourquoi accepter que notre productivité ait changé

Nous accomplissons beaucoup de choses au cours de notre quotidien tout en profitant de quelques distractions ici et là. Sortir prendre un café, jouer au ping-pong avec les collègues, partir en city trip, sortir boire un verre entre potes… Et maintenant que toutes ces distractions nous sont enlevées de force, nous avons plus de temps pour être super producti.f.ve. Et pourtant c’est faux.

Notre environnement a changé du tout au tout. Notre espace de travail, notre vie sociale, notre routine et pour certain.es notre lieu de résidence. Et bien que l’on puisse s’adapter, nous ne pouvons pas nous attendre à produire la même qualité ou quantité de travail que nous étions capables de faire auparavant. Malgré que nous ayons “plus de temps”. Parce que tout dépend de l’état d’esprit dans lequel nous sommes pendant que nous accomplissons toutes ces tâches. Donc non ce n’est pas grave si vous ne récurez pas votre maison du sol au plafond ou si vous ne pouvez pas accomplir ce que vous faites habituellement en une semaine. Nous avons besoin de sommeil, de nous détendre mais aussi de temps pour vivre.

Pourquoi il est important de se laisser aller

La raison pour laquelle j’envie les personnes qui n’ont pas d’emploi en ce moment est qu’elles ont la possibilité laisser leur cerveau traiter les événements. Ce n’est pas mon cas. Je vous le disais précédemment, je n’ai pas l’impression de vivre cette pandémie. Et même s’il y a un côté positif à ça car mes pensées sont occupées par le boulot, je sais qu’à un moment donné je vais exploser. Quand quelque chose me trouble, je prends sur moi et je laisse les choses s’entasser.

On est en télétravail depuis le 11 mars. Le weekend du 14/15 je suis allée me promener pour prendre un bol d’air frais. Le Royaume-Uni encourageait la distanciation sociale mais il n’y avait pas de règles concrètes. Les rues, les parcs, les magasins, tout était bondé. Je suis rentrée chez moi et j’ai eu une crise de panique. Alors mon objectif est de rester focaliser sur le boulot la semaine mais m’accorder du temps le weekend pour traiter les choses, rester calme et me détendre.


C’est étrange de vivre un événement qui a un impact au même moment sur le monde entier. Cette pandémie nous affecte tous, de manières différentes certes, mais c’est une affaire globale. Nous traversons beaucoup d’émotions, de changements, de craintes. Nous ne savons pas comment y faire face et nous devons faire avec. Vivre au jour le jour. Et c’est difficile. J’aime savoir où je vais, je regarde toujours vers le future et je redoute l’incertitude. Mais actuellement, notre histoire s’écrit toute seule. On peut guider sa trajectoire mais nous n’avons plus le contrôle de ce qui se passe et c’est vraiment inquiétant. C’est pourquoi, en cette période d’incertitude, il est temps de lâcher du lest. Avec nous-même mais aussi avec les autres. Chacun fait face à cette situation différemment. Ce n’est peut-être pas parfait mais ont fait tous ce qu’on peut.

“The world itself is a bad dream.” — Sylvia Plath, The Bell Jar


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