6 mois à Londres, mon expérience d’expat

Cela fait 6 mois que j’habite à Londres. Certains jours, j’ai l’impression que j’y suis depuis tellement longtemps. D’autres, c’est comme si j’étais juste arrivée. J’ai de temps en temps le sentiment d’être ‘unsettled’, pas tout à fait installée. Néanmoins au fil des mois, une routine s’est développée. Après 185 jours, il est temps de faire un petit bilan.

London And I, A love story 

La première fois que j’ai mis les pieds à Londres, je devais avoir 15 ans. Je suis tout de suite tombée amoureuse de la ville, l’atmosphère, la liberté d’esprit. Depuis ce jour, j’y suis retournée au moins une fois par an. Je revenais toujours inspirée, le cœur plein et le portefeuille léger. Je me suis promis qu’un jour j’y vivrai et 15 ans plus tard (ouch) j’y suis!

6 mois à Londres, mon expérience d'expat 6 mois à Londres, mon expérience d'expat

Comment j’ai déménagé à Londres 

Le 30 août 2019, je passais un entretien vidéo. Le 31 août, je décrochais le job pour commencer le 10 septembre. Tout s’est passé extrêmement vite. Je n’avais pas une minute à perdre car pour travailler au Royaume-Uni (à l’époque, pré-Brexit), il ne suffit pas d’avoir un job. Il faut faire quelques démarches supplémentaires. Heureusement j’avais plusieurs connaissances sur place qui sont passées par là, m’ont conseillé et j’ai pu me construire une petite checklist avant le départ.

#1 – Ouvrir un compte bancaire

Cela semble évident mais un compte en banque vous ouvrira pas mal de portes. Point positif, vous ne devez pas être sur place pour posséder un compte anglais. Tout du moins pour une banque en ligne et qui ne possède pas de branche physique. Personnellement j’ai opté pour Revolut et je n’ai aucun regret. Je n’ai pas tout de suite commandé ma carte, j’ai attendu d’être sur place. En attendant je pouvais payer grâce à l’application sur mon téléphone. Un compte bancaire vous permet bien évidemment de recevoir votre salaire mais également de louer un appartement. Peu de propriétaires vous accepteront si vous n’avez pas un compte bancaire anglais. Par la suite, il devient une preuve d’adresse. Si ensuite vous souhaitez ouvrir un autre dans une banque anglaise, il suffit d’imprimer votre relevé de compte et voilà une preuve.

#2 – Avoir un numéro de téléphone anglais

Une autre chose que vous pouvez faire depuis votre pays d’origine: commander une carte de téléphone afin d’avoir un numéro anglais. Cette fois, j’ai opté pour giffgaff. Ma carte est arrivée par la poste un jour avant mon départ. À nouveau dès que vous avez un logement, mettez à jour votre lieu de résidence, ça vous donne une nouvelle preuve d’adresse.

#3 – Trouver un logement 

J’ai probablement eu un coup de bol en ce qui concerne le logement. Quand je suis arrivée le 5 septembre, j’ai logé à The Dictionary Hostel, une auberge de jeunesse à Shoreditch. J’avais choisi cette localisation car ce n’est pas loin de mon job et je ne savais pas si j’allais trouver un appartement tout de suite. Ce n’était clairement pas idéal mais je devais faire vite, pratique et surtout économe. J’ai réservé mon lit dans un dortoir pour 6 personnes pendant 2 semaines. Pour trouver un logement, vous pouvez bien évidemment aller en agence ou faire vos recherches sur Gumtree, Spareroom ou encore des groupes Facebook. Pour ma part j’ai trouvé ma collocation sur Spareroom. J’ai visité l’appartement le 7 septembre, le lendemain j’avais la chambre. Et j’ai même réussi à me faire rembourser la deuxième semaine réservée à l’auberge.

J’ai toujours été habituée à des chambres relativement grandes et celle-ci est extrêmement petite (environ 9 m²). Je vis entourée de meubles qui ne sont pas très beaux. Je n’ai pas de bureau pour écrire ou créer. C’est tellement petit que la disposition actuelle des meubles est optimale. J’avais voulu changer pour me réapproprier l’endroit, ce n’est pas possible. Mais c’est propre, lumineux, bien localisé (20 minutes à pieds du boulot), bien desservi en transport et magasins ou épiceries, et dans un cool quartier qui plus est. Je paie +/- £660 par mois (loyer + charges + taxes gouvernementales). Ce qui est environ 770€. Mon loyer à Toronto était similaire pour une chambre 2 fois plus grande, dans une maison. Également à 20 minutes du centre-ville et dans un cool quartier. De temps en temps il faut savoir faire des concessions. Comme je le disais ce n’est pas idéal mais j’ai un toit au-dessus de la tête et pour avoir trouvé un logement en 2 jours, c’est plutôt pas mal!

#4 – Demander son National Insurance Number

Une fois que ces petits détails absolument pas stressants (hum) étaient réglés, je me suis attaqué à une paperasse supplémentaire: l’obtention de mon National Insurance Number (similaire au SIN pour les canadiens). Il s’agit d’un numéro qui vous donne le droit de travailler au Royaume-Uni, de payer vos impôts et surtout de cotiser au régime de pension. C’est quelque chose qui ne peut pas se faire en dehors du pays. Vous devez prendre un rendez-vous par téléphone et avoir une adresse de résidence anglaise car ils vous enverront la convocation par courrier. Cela prend un peu de temps donc dès que vous avez un logement, téléphonez. Une fois sur place ils vérifient votre identité et différents papiers (plus d’info sur le site officiel). Vous pouvez travailler sans NIN au début. Les employeurs sont généralement flexibles car ils ont l’habitude. Dans 3-6 semaines, vous recevez votre numéro par courrier et vous pouvez mettre à jour vos données auprès de votre boîte.

Londres, 6 mois plus tard 

Tout ça s’est bien joli mais maintenant que j’ai réalisé mon rêve de vivre à Londres, comment je me sens? Honnêtement, je suis partagée. Londres est une ville magnifique qui me surprend chaque jour. J’ai toujours ce ‘pinch me moment’ quand je me réveille et que je me dis ‘j’habite à Londres’. Chaque semaine il y a quelque chose à faire, à voir, à découvrir. Les londoniens m’inspirent continuellement et j’adore ça. Mais contrairement à ce qu’il parait dans la vie ou sur les réseaux sociaux, la transition n’était pas si facile. Surtout mentalement.

La distance entre Bruxelles et Toronto est de 6,021 km. Celle entre Bruxelles et Londres est de 364.6 km. Et pourtant j’étais plus confortable avec mon départ au Canada car il y avait un cadre. J’allais dans une école, je savais où j’allais vivre, ce que j’allais faire, j’ai facilement pu rencontrer des gens et me créer un groupe d’amis. Bien que je connais quelques personnes à Londres, c’est très différent. Je n’ai pas ce large groupe de soutien qui vit la même chose que moi et avec qui je peux avancer. C’était plus facile car je n’étais pas seule dans ma découverte de la ville en tant que résidente.

Lorsque j’ai déménagé au Canada en septembre 2014, j’avais une idée fixe avec une date de retour en tête. Puis la vie a fait que je suis restée plus longtemps. Mais ici, je ne sais pas pour combien de temps je suis à Londres. 1 an, 2, 3, pour toujours. Je ne sais pas. Et cette incertitude me rend un peu anxieuse. Peut-être parce que je ne suis plus “jeune et insouciante” (j’avais 24 ans quand je suis partie à Toronto), que j’ai d’autres aspirations dans la vie ou que je ne sais pas où je vais. Certainement un petit melting-pot de ces trois points.


Vivre à Londres, la ville qui m’a toujours fait rêvé, est une opportunité incroyable. Tout le monde me dit que c’est génial, que j’ai trop de chance. Je tiens à préciser que ce n’est pas de la chance, mais plutôt un choix et de la détermination. Aussi ce n’est pas parce que je vis dans l’une des villes les plus cool du monde que tout va bien. Il y a d’autres choses qui influencent mon expérience comme mon logement, mon travail, ma vie personnelle, mon état d’esprit. Alors oui, c’est super cool de vivre à Londres mais ce n’est pas suffisant à mon bonheur. Par contre j’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve ici et je compte bien profiter des opportunités que la vie londonienne me donne.

Clichés pris avec Kodak Disposable Single Use Camera & Canon AE-1 35mm Slr Film Camera


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