Slowing down – Comment ralentir dans une grande ville?

Londres est une ville merveilleuse, mais aussi une ville extrêmement agitée. Il est impossible de s’y ennuyer. Il y a toujours quelque chose à faire dans les rues londoniennes. Un marché, une expo, un concert, un atelier, un nouveau resto/café/bar/magasin à découvrir… Avec toutes ces activités à portée de main, on peut avoir l’impression d’être le nouveau looser de la classe si on ne prend pas le train en marche. Chaque jour, environ 69% des Millennials/Génération Y ressentent le FOMO (Fear Of Missing Out). Ce sentiment d’anxiété nous envahit lorsqu’on a la sensation de passer à côté de quelque chose, généralement un événement social. Comment dépasser ce sentiment au détriment de ce dont on a vraiment besoin? Comment ralentir dans une ville qui ne dort jamais?

Je n’ai plus 20 ans 

Il ne faut pas prendre cette phrase au pied de la lettre. Je ne me plains pas de mon âge. Ou du fait que je ne “peux” plus sortir tous les jours parce que je suis trop “vieille”. C’est plutôt que je n’en ai pas envie. Mes priorités ont changé. Mon bien être est maintenant au cœur de celles-ci.

Je n’ai pas envie de faire la fête chaque soir, d’ouvrir une cannette de bière à 16 heures parce que la journée de travail est presque terminée, de rentrer pompette chez moi, de me réveiller avec la gueule de bois et de recommencer le lendemain. Et pourtant il semblerait que ce soit la mentalité anglaise, mais personnellement elle ne me convient pas. J’ai besoin de mes soirées et mes week-ends pour être moi-même, travailler sur d’autres projets créatifs, lire, apprendre et simplement ralentir. Dans une grande ville comme Londres, on a toujours l’impression de courir. Running after time and running out of time. On court après le temps et on est en manque de temps. Metro-boulot-dodo devient la routine et il n’y a pas d’intermédiaire.

Ambivertie en quête de balance 

Pour certaines personnes, c’est évident. Elles savent qu’elles sont extraverties ou introverties. Techniquement je suis les deux. Je me définirais donc comme une personne ambivertie. J’adore passer du temps avec les autres, ça me recharge, ça m’inspire. Mais j’ai également besoin d’être seule après avoir socialisé. Car ces interactions peuvent être drainantes. Donc selon le contexte et les personnes, je me transforme en l’un ou l’autre. Si un weekend sur deux, je ne vois personne, c’est l’équilibre parfait pour moi. Je préfère faire l’expérience du FOMO de temps en temps plutôt que de m’épuiser dans trop d’interactions. Aussi je bosse 5 jours sur 7 et je vis en colloc, je ne suis ni asociale, ni en manque de contact humain!

Comment ralentir et lâcher prise 

Si nous investissons dans des vêtements et aliments de meilleure qualité, pourquoi n’investissons-nous pas dans l’amélioration de notre qualité de vie dans son ensemble en prenant soin de nous-mêmes? J’ai envie de revenir sur les petites choses du quotidien qui me font du bien, qui me permette de ralentir et surtout qui me facilite la vie.

8 heures de sommeil et pas une de moins

C’est un secret pour personne, on a besoin entre sept à huit heures de sommeil par jour. Les nuits où j’ai dormi huit heures, généralement je suis de bonne humeur et je me sens plus apte à attaquer la journée. J’ai plus d’énergie tout simplement.

Depuis janvier, je profite de la fonction ‘Bedtime’ sur iPhone (je suppose que les appareils Android possèdent quelque chose de similaire) afin de calculer l’heure à laquelle je dois me coucher pour être sûre que j’ai bien 8 heures de sommeil. Vers 23h, je reçois une notification, mon téléphone se met en mode ‘nuit’ et je le suis. Le lendemain, le réveil est moins brutal car il est accompagné d’une musique qui va en crescendo. Donc je me réveille en douceur. Après cette première alarme, j’en ai une seconde 15 minutes plus tard. Je m’accorde ce temps pour m’habituer à la lumière du jour, à la température et m’étirer. J’ai vraiment remarqué une différence dans mon sommeil. Mes nuits sont beaucoup plus sereines.

Savourer Ma cuisine

Planifier ses repas à l’avance, prendre le temps de cuisiner et essayer de nouvelles recettes. Je ne vous apprends rien le meal prep permet d’économiser de l’argent et du temps, tout en développant ses aptitudes culinaires. Et si comme moi vous êtes en manque d’inspiration, empruntez un livre de cuisine à la bibliothèque. J’ai pour habitude de sauvegarder un million de recettes sur Pinterest et ne jamais les faire. Avec un livre, emprunté qui plus est, ça me pousse à tenter de nouvelles combinaisons. Puis ça en jette plein la vue aux collègues qui ensuite regardent leur sandwich Subway d’un air maussade.

Au boulot, à un moment ou un autre, on prend tou.te.s cette mauvaise habitude de manger face à notre écran d’ordinateur. On doit vite terminer quelque chose et finalement on se retrouve à répondre à tous ses emails entre deux bouchées. En 15 minutes, on a fini et on ne se rappelle même plus ce qui se trouvait dans notre assiette. Maintenant je m’oblige à quitter mon bureau, à laisser mon téléphone derrière moi et j’embarque un bouquin direction la cuisine. Je m’accorde 30 minutes rien qu’à moi et je fais la même chose le soir.

Revoir Ma consommation de contenu

Je consomme énormément de contenu digital de par mon boulot mais également par choix personnel. Ce n’est un secret pour personne, je ne suis pas à la page niveau série télévisée. J’ai mes préférées mais il n’est pas rare que je n’aie aucune idée de ce qui se passe dans tel ou tel show. Sex Education, The Witchers, You… elles ont toutes l’air cool mais pas assez pour que je m’y intéresse plus que ça. Mais par contre, j’ai toujours un penchant pour YouTube. Le mois de décembre était rythmé par les vlogmas au détriment de la pile de bouquins qui grandissait sur mon appui de fenêtre.

Au début de l’année, en pleine réflexion, je me suis imaginé une routine journalière idéale et pour l’instant je m’y tiens. À 21h, je ferme l’ordi et je me plonge dans un livre. Et quand ma série préférée sort une nouvelle saison sur Netflix, je me dis qu’elle sera encore là demain. Alors que le livre, je dois le rendre à la bibliothèque.

À lire: Comment trouver du temps pour lire?

Marcher et s’arrêter

Bien que le système de transport londonien soit génial d’un point de vue logistique, en heure de pointe c’est un vrai cauchemar. Et je préfère m’éloigner des gens pressés et stressés car leur comportement aura une influence négative sur moi. C’est comme lorsqu’on mange en écoutant de la musique, notre façon de manger va imiter le rythme de celle-ci. Puis on ne se rend pas compte mais la plupart des stations ne sont qu’à quelques minutes les unes des autres. Donc si Google Map me dit qu’un trajet me prendra moins de 50 minutes à pieds, j’ai pour habitude d’y aller en marchant. Ça me permet d’écouter un podcast ou me laisser emporter par les bruits ambiants de la ville. En plus, j’ai toujours tendance à être prête 30 minutes à l’avance alors si je pars tout de suite, je peux m’arrêter en chemin pour prendre quelques photos.


À cette liste s’ajoute sans doute un million d’autres activités comme l’écriture, le sport, la musique, les podcasts, l’art, les musées, la méditation… je serai d’ailleurs curieuse de connaître les activités quotidiennes qui vous permettent de ralentir.

La vie va à 100 à l’heure. À 200 à l’heure quand on est dans une métropole telle que Londres. Il y a tellement de choses à faire et à voir. On peut facilement se sentir dépasser par les événements. Quoi qu’il arrive choisir, c’est renoncer. Et à choisir, je préfère opter pour mon bien-être. Dans l’ensemble, pour moi, ralentir signifie que je fais des efforts supplémentaires afin de m’accorder du temps. Je prends mon temps dans ce que je fais et je m’écoute. Des fois il est préférable de prendre le long chemin plutôt que les raccourcis afin de pouvoir profiter du paysage. 


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