No pill, no drama

Au début de l’année 2019, j’ai décidé d’arrêter la pilule. Cela faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête. Je n’avais plus de partenaire fixe alors je me suis dit que c’était enfin le moment. J’ai pris ma dernière pilule le 11 janvier. Les deux premiers mois étaient géniaux mais ça n’a pas duré.

Mon histoire avec la pilule

J’ai dû commencer à prendre la pilule vers 14 ans pour des raisons très communes: mes règles étaient super douloureuses. On s’est rendues chez le médecin de famille avec ma maman et il m’a prescrit une pilule à faible dose hormonale. Ça a permis de réguler mon cycle, de l’écourter même et surtout les crampes n’étaient plus aussi pénibles. Contrairement à d’autres personnes, je n’ai jamais ressenti d’effets négatifs liés à la pilule comme les sautes d’humeur ou la prise de poids. Quelques années plus tard, alors que j’étais active sexuellement, on a changé le dosage mais toujours rien à signaler émotionnellement ou physiquement. Je faisais sans doute partie des chanceuses!

Pourquoi cette soudaine envie d’arrêter?

Au fil des années, je me suis faite à l’idée que je n’avais pas envie d’avoir d’enfant. Le fait de prendre une petite pilule chaque matin pendant 14 ans ne m’a donc jamais perturbé. Mais après 14 ans de ce rituel, j’ai fini par me poser des questions sur le fait d’ingérer des hormones et ce que cela faisait à mon corps. On a commencé à parler des risques cancérigènes liés à la prise de la pilule et comme beaucoup j’ai un peu flippé. Il n’y a pas d’antécédents dans ma famille mais je pense qu’on n’est à l’abris de rien face à ce genre de sujet. Ma routine beauté avait également pas mal changé. Je me tournais de plus en plus vers des produits naturels alors après avoir posé le pour et le contre, j’ai fini ma tablette et je me suis dit que j’allais tenter le tout pour le tout. Finalement je n’avais rien à perdre. J’en ai parlé à mon médecin traitant qui n’a rien eu à redire. Il m’a un peu expliqué les changements qui pouvaient s’opérer en moi. Pour être sure que tout était correct, on a fait une prise de sang. On a remarqué que j’avais d’ailleurs largement assez de fer donc il m’a donné son feu vert.

6 mois sans pilule contraceptive

Habituellement, entre la dernière pilule et mes règles, 4 ou 5 jours s’écoulent. Une journée avec un mal de crâne intense et pouf comme par magie (ça ne m’étonne pas qu’on romantise Dame Nature comme un genre de fée), le lendemain, je me réveillais avec mes règles. Celles-ci duraient 3 à 4 jours et étaient loin d’être douloureuses ou abondantes. Ça m’a toujours semblé étrange quand mes amies me disent qu’elles sont en PLS car ça ne m’est jamais vraiment arrivé. À part le fait de vouloir manger une montagne de chocolat et de pizza, rien à signaler. Mes règles ont toujours été plutôt cool avec moi.

Mes premières règles sans pilule étaient étranges. Tout d’abord elles sont arrivées sans prévenir. J’avais peur que les crampes douloureuses reviennent. Mais pas le moindre symptôme, ni maux de ventre, ni maux de tête. Rien. Ça m’a un peu dérouté. Elles n’ont duré que 3 jours. Le premier jour, les vannes étaient ouvertes. Je n’ai jamais eu de règles aussi abondantes. Le lendemain, elles étaient normales et le troisième jour, j’avais l’une ou l’autre tâche sur ma serviette. La migraine est arrivée après. Pendant deux jours.

Mentalement, je me sentais étrangement bien. Comme soulagée d’un poids. Ce qui est étrange car celui-ci a graduellement fluctué au fils des mois. La prise de pilule avait eu aucun impact sur mon poids et tout à coup l’arrêt a déclenché quelque chose en moi. Pendant 3 semaines, j’étais bien et pendant une semaine, j’étais hypersensible. Okay si ça devait être mon nouveau quotidien, je pouvais facilement m’y faire. Je devais juste m’adapter un peu plus, traquer mon cycle minutieusement, être sure d’avoir des serviettes dès que mes règles étaient prévues et avoir sur moi quelques médicaments si la migraine d’après les règles était insoutenable.

La pilule contraceptive, la reprise

À chaque nouveau cycle, je notais chaque détails de mon expérience. Un peu comme s’il s’agissait d’une expérimentation scientifique. Tout allait bien les premiers mois. Je me suis dit que ce serait une cool idée d’article. Après 6 mois sans pilule, on peut dire que l’expérience à tourner au vinaigre. Au fil des mois, mon cycle s’est allongé et est devenu de plus en plus abondant. Chaque mois, je me sentais de plus en plus lourde. Bien que j’alliais une activité physique journalière ainsi qu’une alimentation équilibrée, intérieurement ça n’allait pas. La balance en témoignait et ma peau aussi.

Généralement à chaque cycle, j’ai quelques boutons au niveau du menton. Un coup classique. Je n’ai jamais eu une peau à tendance acnéique. À part l’un ou l’autre bouton parce que j’avais mangé trop de chocolat ou à la période de mes règles, ma peau est plutôt cool. Sauf que j’ai commencé à avoir des boutons sur mes joues, dans mon cou et surtout dans mon dos. Les plus gros boutons que vous pouvez imaginer. Des bosses, rouges, intenses, pénibles, inaccessibles. Impossible de soulager ma douleur. Je n’avais jamais ressenti ça. Alors d’un point de vue cycle, tout allait comme sur des roulettes mais d’un point de vue psychologique c’était loin d’être le cas. Ma situation n’était pas idéale non plus. Sans emploi, sans grande estime de moi, ajoutez-y des kilos en plus et une soudaine acné juvénile en retard. Ma confiance en moi en a pris un coup.


Après 6 mois, je suis retournée voir mon médecin et je lui ai demandé une nouvelle prescription (plus faible). Depuis que je la prends à nouveau, tout s’est rééquilibré. Mes cycles durent généralement 5 jours au lieu des 3-4 de mes débuts. Les maux de tête pour me prévenir de leur arrivée sont revenus mais ne sont pas aussi pénibles. Mon poids s’est stabilisé. Il n’est pas retourné à son origine mais n’augmente plus “sans raison”.  Apparemment après une prise d’hormones pendant 10 ans, il faut au moins deux années au corps pour s’habituer complètement à l’arrêt de la pilule. Je suis consciente que je n’ai pas donné assez de temps à mon corps pour s’adapter à ce changement. Je pense que mentalement, ce n’était pas le bon moment.

Cet article a eu une tout autre tournure que celle que j’avais espéré. Mais je pense qu’il est intéressant d’avoir d’autres perspectives sur le sujet. Et lorsque je serai stable émotionnellement, je retenterai l’expérience. Rien n’est perdu. Cela m’a permis de découvrir mon cycle naturel. Et je suis en admiration face au corps féminin, tout ce qu’il traverse et comment il s’adapte aux différents changements de la vie. En tout cas, je suis curieuse de connaître votre expérience avec la pilule.


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