Sharp Objects: Livre vs Série

Je n’ai pas vraiment le temps de lire ces derniers temps. Ou plutôt je ne prends pas le temps. Ce n’est pas faute d’avoir des livres dans ma bibliothèque. C’est plutôt ce truc de routine que je n’ai pas encore trouvé dont je vous parlais dernièrement. Cela fait plus d’un mois que j’ai entamé The Handmaid’s Tale. Il fait 325 pages et je suis à la page 29. On peut dire que j’ai du mal à me plonger dans l’histoire. J’avais vraiment envie de le lire avant d’entamer la série mais à cette allure, ils seront bientôt à la saison 5. Mais un livre que j’ai lu et dévoré avant de regarder la série, c’est Sharp Objects de Gillian Flynn.

Gillian Flynn, c’est l’auteure derrière Gone Girl publié en 2012. Le livre fut ensuite adapté au cinéma en 2014 avec Ben Affleck et Rosamund Pike au casting (▶ trailer). J’ai vu le film à deux reprises et la seconde fois, même si je connaissais l’histoire, celle-ci a continué à me secouer. Cela fait un petite moment que j’avais envie de découvrir la plume de Gillian Flynn. Puis ils ont mis la mini-série Sharp Objects (▶ trailer) en demande sur la VRT, ma maman l’a dévoré en quelques jours alors avant de l’attaquer à mon tour, j’ai voulu découvrir la version originale.

Sharp objects, l’histoire 

Après un bref séjour en hôpital psychiatrique, Camille Preaker, journaliste au Chicago Daily Post, se voit assigner une affaire délicate. Ce n’est pas tant le sujet qui la dérange car Chicago ne manque pas de sa dose de criminalité mais plutôt la localisation. Wind Gap. Sa petite ville natale qu’elle s’est empressé de fuir dès sa majorité. Camille n’a jamais été proche de sa mère, Adora. Marian a toujours été sa préférée. Mais Marian n’est plus. Allan, son beau-père, est le laquais de sa mère. Et finalement il y a Amma. Une jeune demi-sœur qu’elle connaît à peine. On est loin du parfait portrait de famille qu’Adora essaie de véhiculer. Bien que cette mission ne l’enchante pas, Camille prend la route de Wind Gap afin de couvrir le meurtre de deux préadolescentes. Maintenant, installée dans son ancienne chambre dans le manoir familiale, elle se rend compte que les jeunes victimes lui rappellent quelqu’un. Elle-même.

Mon avis sur le livre de Gillian Flynn

Il ne s’agit pas uniquement d’une affaire criminelle, Sharp Objects traite également de maladies mentales, de relations familiales tumultueuses et surtout des mécanismes de survie que l’on peut adopter après un événement traumatisant. Il y a quelque chose de profondément malsain dans ce livre. Que soit les personnages, les relations, le sexe. Un constant sentiment de mal être règne. J’aime les personnages complexes et Wind Gap possède clairement son lot de problèmes. Flynn joue beaucoup sur les clichés des villes où tout le monde se connaît et les commérages sont monnaie courante.

Les thrillers psychologiques sont définitivement mes romans préférés. Souvent il m’arrive de découvrir le coupable à la moitié du livre mais dans le cas de Sharp Objects, mon cerveau m’a joué des tours. Gillian Flynn a une plume très agréable qui vous plonge dans l’histoire sans vous ennuyer avec de longs paragraphes inutiles. Elle ne manque pas une opportunité pour insérer des détails sanglants.  Après tout il s’agit de crime violent, horrible et clairement inhumain. Sharp Objects est un page-turner, impossible de déposer le bouquin. Pour ma part, je l’ai lu en 3 jours.

Pour les amateurs de thriller psychologique, le livre est disponible en français. Bien que Sur Ma Peau ne soit pas la meilleure des traductions à mon sens car celle-ci spoile une partie de l’histoire.

Mon avis sur l’adaptation en mini-série

Mon opinion est un peu plus nuancée. J’ai remarqué quelques différences avec le roman. Bien que celles-ci n’entachent pas l’histoire, connaissant la version originale, elles m’ont un peu dérangé. Dans Sharp Objects, le livre, Camille vient de Chicago et travaille au Chicago Daily Post. Dans la série, elle vient de St Louis et travaille pour The Chronicle. Des détails mais je me demande en quoi ces changements étaient nécessaires. Aussi Amma, la demi-sœur de Camille, a 15 ans et non 13 ans. Je comprends que certains de ses comportements sont choquants pour une adolescente de 13 ans mais cela fait partie de l’histoire originale. Ça ajoute quelque chose au personnage, une précocité. À 15 ans, on se dit c’est juste la crise de l’adolescence. On lui accorde également une amie de moins dans la série. Un autre personnage change complètement de prénom. D’Ashley à Meredith, il y a un monde de différence.

J’ai remarqué que le personnage d’Allan, le beau-père de Camille, est un peu plus présent dans la série. Il hausse le ton à plusieurs reprises, il est plus en retrait dans le bouquin. Le personnage de Marian, la défunte sœur de Camille, n’était pas si présent néanmoins ça ne m’a pas dérangé. Dans tous les romans policiers où la protagoniste retourne dans sa ville natale et un meurtre se passe, il y a toujours une histoire avec un détective. L’amour au sens propre n’est vraiment présent dans les deux versions. Camille et le détective Richard Willis profitent l’un de l’autre, que ce soit pour le sexe ou afin de soutirer des informations. J’ai aimé que la série offre plus de crédit au point de vue du détective. Surtout que ce dernier est interprété par Chris Messina (Danny Castellano dans The Mindy Project).

D’ailleurs le casting est un petit bijou. Camille est jouée par Amy Adams. Je l’ai trouvé exceptionnelle. Et surtout ce rôle m’a enfin permis d’oublier le personnage de Giselle dans Enchanted avec Patrick Dempsey (2007). De part ce rôle plus noir, plus brut, plus naturel, plus authentique, on découvre vraiment son talent. Adora est interprétée par Patricia Clarkson, qui joue la mère névrosée et hypocondriaque à merveille. Il y a aussi Matt Craven, Henry Czerny et Miguel Sandoval. Des acteurs plus âgés mais qui ont de la bouteille et c’est intéressant de les voir continuer leur carrière.

Un point non négligeable est certainement la bande originale de Sharp Objects. La bande son du générique était adaptée à chaque épisode pour introduire la thématique de celui-ci ou tout simplement l’état d’esprit de Camille. Généralement je passe les génériques des séries mais ce ne fut pas le cas de celui-ci. La musique a une place très importante dans la mini-série, lui apportant une valeur ajoutée par rapport au livre. Ce qui est non négligeable à mon sens.


En conclusion, Sharp Objects, que ce soit la version sur papier ou télévisée, est une histoire poignante, dérangeante, intrigante et captivante à la fois. L’adaptation n’est pas une copie parfaite du roman mais néanmoins elle saura vous convaincre. Celle-ci ne propose que 8 épisodes, ce qui en fait la série idéale à binge-watcher. Je noterai néanmoins un bémol pour la fin. Alors que la série s’arrête sur un cliffhanger, le roman va un peu plus en profondeur ajoutant une dose supplémentaire d’horreur à faire frissonner. Une lecture idéale pour les cosy soirées d’automne!

Avez-vous lu/vu Sharp Objects? Ou peut-être d’autres romans de Gillian Flynn? J’ai récemment dégoté Dark Places dans une boutique de charité pour £1.50, j’ai hâte de le lire cet hiver. Enfin si je finis The Handmaid’s Tale avant.


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