Pourquoi se forcer et se contenter de moins?

[ T-shirt “my boobs, my business” Kurt Und Herbert, offert par la jolie créatrice Astrid ]

Ça vous arrive de vous dire que vous devez faire certaines choses ou que vous avez besoin de quelque chose parce que la société a décidé que c’était la norme? Okay ça semble peut-être flou ce que je raconte. Je vais vous donner quelques exemples. Faire un prêt, aller à l’université, être en couple, devenir propriétaire, avoir des enfants… Du coup je pars dans ce cercle vicieux qu’est la comparaison. Et je me rends compte que par rapport à tous ces critères, je suis nulle part dans la vie.

Aujourd’hui je vais me focaliser sur les relations amoureuses car je suis célibataire depuis presque trois ans. Célibataire ne veut pas dire que je n’ai pas eu de relation depuis trois ans. Cela veut simplement dire que je n’ai pas eu de relation qui valait la peine d’en discuter, de présenter quelqu’un à mon entourage et surtout pas de me marier. Étrangement on dirait que cela dérange. Dès que le sujet de ma vie amoureuse est évoqué, je me sens mal à l’aise. J’ai l’impression que je devrais être en couple car c’est le moment de l’être. Mais l’amour est incertain, on ne sait pas vraiment quand ça va nous tomber dessus. En conséquence je finis par faire ce que tout le monde: je télécharge Tinder et j’enchaîne les dates.

Saying Goodbye to tinder! 

Une fois les études supérieures terminées, c’est moins évident de rencontrer de nouvelles personnes, de tisser des liens d’amitié ou encore amoureux. Où rencontre-t-on sa personne? Au boulot? En soirée? Au supermarché? Peut-être mais personnellement ça ne m’a jamais réussi. Alors on télécharge une application de rencontre et puis deux, et puis trois… histoire d’élargir ses horizons. Je n’ai absolument rien contre ce genre d’applications. Plusieurs de mes amis ont rencontré leur partenaire de cette façon et sont vraiment heureux. Puis je suis totalement pour l’idée de putting yourself out there.

Durant ces trois années de célibat, j’ai été à un nombre correct de rendez-vous. Ça fonctionnait par vague. Soit j’enchaînais les sorties les unes après les autres, soit je supprimais toutes les applications de mon téléphone et je faisais une offrande à la déesse du célibat. En trois ans, j’en ai rencontré du monde. Des gens bizarres et d’autres vraiment cool. Pourtant vous n’imaginez pas le nombre de fois où face à un inconnu, j’énumérais dans ma tête toutes les choses que je préfèrerais faire à la place d’être là. Faire une sieste, écrire un article, regarder une série, terminer un bouquin, nettoyer mon appart… Et surtout le nombre de fois où je suis allée à une date en trainant des pieds parce que les copines derrière me motivaient à y aller, parce qu’il est temps que je me case, parce que la trentaine approche. Sortir devrait être fun, pas une obligation.

Puis comme le disait Ella dans son article Why I’m Breaking Up With Dating Apps, se rendre à des dates c’est vraiment épuisant. On a l’impression d’être l’actrice principale d’une mauvaise romcom dont le partenaire est constamment remplacé par quelqu’un d’autre. On se pose à un bar, on sort le speech habituel “qui es-tu, d’où viens-tu, que fais-tu dans la vie” et les questions se succèdent comme si on faisait une partie de ping-pong un cocktail à la main. * CLAP * Suivant! Bon j’avoue, enchaîner les rencards possède un côté positif. Ça permet de remonter l’estime qu’on a de soi. On reçoit quelques compliments de quelqu’un d’autre que notre mère et ça fait un bien fou. Sans rancœur maman mais ton avis est loin d’être objectif. Puis les rencards c’est surtout marrant à raconter aux copines.

DO not settle for less 

Je n’arrive pas à me débarrasser de ce sentiment que je sors parce que je me sens obligée. Et quand je discute du date, il y a toujours bien quelqu’un pour me dire que je devrais revoir la personne en question, que je devrais lui donner une chance, que je ne me donne pas assez de temps. Il semblerait que ce soit une constante chez moi. Je suis devenue Celle qui ne se donne jamais assez de temps. Je suis peut-être trop “romantique” mais pour moi il me faut une petite étincelle. Ce sentiment au fond de moi qui me dit que j’ai envie de revoir cette personne, d’apprendre à la connaître. 

Alors je suis d’accord l’amour se développe au fur et à mesure. L’amour au premier regard n’existe pas. Ce n’est pas que la personne en face de moi est mauvaise, c’est juste qu’elle n’est pas pour moi. Si au fond de moi, je ne le sens pas à quoi bon perdre son temps avec un deuxième rendez-vous? J’ai l’impression que les gens attendent de moi que je choisisse le “moins pire” parce que c’est le bon timing. Comme quand on vous propose un chocolat dans une boîte de pralines à la liqueur. On regarde la boîte d’un œil dubitatif et on choisit par dépit celui qui semble mangeable. Je n’ai pas envie d’être cette personne qui est en couple juste par peur d’être seule ou inversement. Je ne veux pas être le second choix de quelqu’un. 

C’est pourquoi selon moi, le bon moment ou le bon âge n’existe pas. C’est plutôt une question de bon état d’esprit. Je suis toujours tiraillée entre ce que je sais au fond de moi (soit je ne suis pas prête, soit je ne le sens pas) et ce que je pense que je dois faire ou plutôt ce que les autres attendent de moi. En conclusion, cet article a pour but de vous (me) rappeler que vous ne devez pas faire ce que les autres font. Ne précipitez pas les choses, faites-vous confiances et go with the flow!

❝ You deserve love deeper than the ocean, do not settle for a stream.❞ — Michaela Angemeer


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