Rodez. “Je peux pas, j’ai aligot.”

A peine rentrée en Belgique, je m’envole pour le sud de la France direction Rodez, dans l’Aveyron. C’est tellement étrange de passer de 5 jours de boulot par semaine à rien. J’avais besoin d’un petit break, de vacances, loin de la paperasse belge et des responsabilités d’adulte. Et quoi de mieux que de découvrir le sud et surtout voir la belle Mathilde? A part des vacances à Perpignan quand j’étais petite, je ne connaissais rien du sud. Je suis tout de suite tombée sous le charme de Rodez, de ses petites rues étroites, de ses maisons colorées avec leurs petits volets et jardinières et de son architecture atypique. On se croirait vraiment en vacances et cela vend du rêve.

pretty naive | Rodez, je peux pas j'ai aligot

J’adore recevoir et jouer la guide mais j’avoue que cela fait du bien de suivre quelqu’un pour une fois. Je ne connaissais pas Rodez, je n’ai pas fait mes recherches sur la ville, je voulais me laisser surprendre, me perdre dans la ville et ce fut assez facile à vrai dire. Rodez est une petite ville dont le centre est principalement piéton, on s’y perd sans vraiment s’y perdre car toutes les rues mènent à la belle Cathédrale Notre Dame de Rodez dont je vous parlerai plus tard. J’avais une unique requête pour Mathilde: je voulais découvrir son joli petit marché qui me fait rêver dans ses story instagram.

Chaque mercredi, vendredi et samedi se déroulent le Marché de Rodez où se rencontrent les producteurs locaux: du pain, du vin, du fromage, des fruits, des légumes. Ca sent bon, ça sent les vacances. On a pris du pain, de l’aligot et des farçous qui sont des spécialités culinaires de l’Aveyron. Yum!

pretty naive | Rodez, je peux pas j'ai aligot

Mathilde m’a vendu du rêve en me parlant de l’aligot. Il s’agit d’un plat composé de purée de pommes de terre dans laquelle on y ajoute de la Tome fraîche coupée en lamelles. Au contact de la purée chaude, le fromage fond et se mélange à la perfection avec les pommes de terre. C’est divin. Les farçous, c’est un peu le plat de fin de frigo que l’on adapte avec ce qu’il nous reste. Généralement de la mie de pain, blette, oignon, persil et puis on agrémente selon nos goûts. On passe le tout à la poêle à frire et on se régale. C’est loin d’être diététique dans l’Aveyron mais comme on dit le gras c’est la vie!

Pour la note sucrée, je n’ai pas pu résister aux framboises, elles étaient énormes, juteuses et délicieuses.

– Musée Soulages

Jardin du Foirail, Avenue Victor Hugo, 12000 Rodez

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Si les Ruthénois ne sont pas en train de se prélasser en terrasse, ils se trouvent certainement dans le Jardin du Foirail. Ce grand parc mélange verdure et pièces d’architecture. En son centre, le Musée Soulages. Le musée fut construit spécialement pour exposer les oeuvres du peintre français Pierre Soulages. Il s’agit d’un des rares musées construit pour un seul artiste, artiste qui est toujours en vie qui plus est (il fêtera ses 100 ans en novembre 2019).

Le musée se fond parfaitement dans le jardin. Son architecture a été imaginée pour mettre en valeur les oeuvres. Celles-ci se composent principalement de noir et de légères touches de blanc. Selon la lumière naturelle ou artificielle, on y voit différents reflets. Pierre Soulages joue avec les textures, l’ombre et la lumière. Personnellement c’est ce qui me plait le plus, ce côté oeuvre en évolution qui nous permet de découvrir la technique et les intentions de l’artiste.

En plus de la collection gracieusement offerte par Pierre Soulages et sa femme, le Musée Soulages accueille des collections temporaires afin de mettre d’autres artistes contemporains en avant. Lorsque nous avons visité le musée, celui-ci mettait en avant des artistes du mouvement Gutai. “Le nom vient de gu, instrument, et de tai, corps, son adverbe gutaieteki «concret» ou «incarnation» qui s’oppose en principe donc à l’abstrait, c’est-à-dire à l’art abstrait de l’après-guerre. Ces artistes incarnent un renouveau de l’art après la cruauté de l’histoire et face à la domination de la culture américaine” (source). Cette collection est composée d’oeuvres de plusieurs artistes, elle n’a pas vraiment de direction précise, néanmoins on ressent un questionnement, une tourmente, une nouvelle liberté exprimée à travers les oeuvres Gutai.

Heures d’ouverture: Mardi à dimanche de 11 à 19h

Tarif: Adulte 11€

– Cathédrale Notre-Dame de Rodez

Rue Frayssinous, 12000 Rodez

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Construite entre le 13è et le 16è siècles, la Cathédrale Notre-Dame de Rodez est l’emblème de la ville. Peu importe où vous vous trouvez, vous aurez vue sur celle-ci. Fait de grès rose, l’édifice se distingue par le fait qu’il ne possède pas de porte principale mais deux entrées: une à l’est et une à l’ouest. Tout est d’origine. Sept vitraux furent néanmoins rénovés en 2002, après un concours gagné par Stéphane Belzère. Ses pièces ajoutent de la modernité, de la lumière et de la vie à la cathédrale.

pretty naive | Vieux Rodez pretty naive | Vieux Rodezpretty naive | Vieux Rodez

Le Vieux Rodez, mon coup de coeur. Il y a quelque chose de tellement paisible à se promener dans ces petites rues piétonnières. Le coeur du quartier est rustique et coloré. On s’y sent bien et on s’y prendrait bien un petit appartement.

Au bout du Jardin du Foirail, après l’Esplanade des Rutènes se trouve la Salle des Fêtes de Rodez. Bâtiment moderne datant de 2013, celui-ci fut réalisé avec des matériaux durables et dans l’optique de rendre Rodez plus attractive. Il s’agit probablement de mon bâtiment préféré, j’aime son côté géométrique, le contraste entre le centre historique et ce bâtiment futuriste et les matériaux réfléchissants qui créent un jeu de lumière intéressant selon l’horaire de la journée. Hugo, le copain de Mathilde, m’a conseillé de longer la salle. Après une petite marche, on se retrouve face à un champ et le calme plat. La campagne. C’est beau.

Je vous conseillerai de faire un petit saut dans le nord de Rodez pour faire le plein de jolies petites maisons.

Rodez fut construite sur un relief isolé de forme conique appelé « Le Piton ». Il fait donc un peu plus froid (un ou deux degrés) par rapport aux villes avoisinantes. Sa situation particulière fait que plusieurs points vous permettent d’avoir une vue imprenable sur la partie plaine de la ville. Faites un saut par le Square Bonnafe, Monteil et le Boulevard Pierre Benoît.

Les amoureux d’architecture ne s’embêteront pas à Rodez. A noter: la Maison de Benoît datant du 15è siècle, la Chapelle de l’Ancien Collège des Jésuite (17ème) et enfin la poste. Je n’aurai jamais pensé craquer sur l’architecture d’une poste mais celle de Rodez est particulière vous l’avouerez 😉 Oh et comme je vous le disais, la cathédrale n’est jamais bien loin!

Pour des constructions plus modernes, jetez un oeil à l’architecture de l’Imagerie Médicale/Laboratoire de Biologie Médicale et de la Maison Commune Emploi Formation.

– Cascade de Salles-la-Source –

33 Rue du Bourg, 12330 Salles-la-Source

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Le dimanche, après notre visite du Musée Soulages, nous nous sommes rendus à Salles-la-Source pour admirer leur belle cascade naturelle qui jaillit en plein milieu du village. A seulement une quinzaine de minutes de Rodez, c’est tellement magique de découvrir une petite merveille naturelle de ce type. Ca change des grosses chutes de Niagara et personnellement je trouve que ce genre de cascade a plus de charme. On a ensuite monté la colline afin d’observer la ville qui s’endort. Hugo a pris une jolie photo de Mathilde et moi de dos, je ne pouvais pas ne pas la poster ♥

On a repris la voiture direction une autre montagne pour observer les plaines, on s’est posé et on a juste profité de la tranquillité de l’endroit. C’était magique. Tout comme mon séjour à Rodez. Je savais que la ville me plairait après les jolies photos et stories de Mathilde mais là je suis complètement sous le charme. C’est vraiment ce dont j’avais besoin, un petit séjour tranquille, calme, sans prise de tête où le mot d’ordre était la détente et faire le plein de good vibes. Puis Mathilde et Hugo étaient de parfaits petits hôtes. Dès le premier jour, on s’est fait une assiette de fromage, des macarons et on a clôturé la soirée avec de la bière fraiche et du vin de production locale. Dur de faire mieux n’est-ce pas?

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