Being at a different life stage than your friends

Hier j’ai bu un verre (okay j’avoue la chose: 2 pitchers de bière) avec deux amies. Cela faisait un moment que l’on s’était vues, on avait énormément de choses à se raconter. C’est marrant comme les réseaux sociaux nous donnent une impression de proximité quand finalement ils sont juste le reflet des événements que l’on a envie de partager et non pas l’entièreté de notre vie. Après tout, il y a des moments heureux ou pas qu’on n’a pas envie de partager, que l’on veut garder pour soi ou qui sont bien trop long à raconter en détails par message et tellement plus agréable à raconter irl.

Au fil de la conversation, je me suis rendu compte que bien qu’on soit toutes les trois francophones, expatriées et qu’on soit arrivées au même moment à Toronto, nos vies sont loin d’être similaires. L’une est bien établie dans sa boîte et est maintenant en quête d’amour pour combler the big picture. L’autre est comblée par sa relation amoureuse, satisfaite de son job actuel mais néanmoins en quête d’une carrière qui la complèterait. De mon côté je suis un peu au milieu car je ne sais pas trop où j’en suis mais je suis certainement à une période de ma vie complètement différente de la leur.

Je me suis interrogée sur mes autres relations et je suis venue à la conclusion qu’il en a toujours été de la sorte. Je ne suis jamais en phase avec mon entourage, avec mes amis.

J’ai toujours envié ces personnes qui savent ce qu’ils veulent faire de leur vie dès leur plus jeune âge, ceux qui a 3 ans ont décidé qu’ils seraient médecin et 25 ans plus tard ils ouvrent leur cabinet. De mon côté, je voulais être styliste (je précise styliste et pas designer, on fait souvent l’amalgame des deux en français), avocate, vétérinaire, pompier, professeur de français ou mathématiques, photographe, journaliste… cela changeait au gré de mes envies, de mon entourage voire littéralement au gré des saisons.

A 17 ans, lorsque j’ai fini le secondaire, j’ai opté pour la communication dans le but premier de devenir journaliste. Mon baccalauréat de terminer, j’ai découvert que je détestais écrire des articles et que le journalisme n’était pas pour moi. Heureusement la communication est un sujet plus vaste et j’ai réussi à piocher quelques sujets qui m’intéressaient beaucoup plus. Certains de mes amis ont trouvé un job dès leur diplôme en poche. A nouveau ce n’était pas mon cas. J’ai fait une petite crise de la vingtaine, de peur de me lancer dans le marché de l’emploi (quoi une fois qu’on est diplômé on ne nous tend pas le job de nos rêves sur un plateau d’argent?), j’ai pris mes jambes à mon cou et je suis partie en une immersion linguistique de trois mois en Californie.

De retour, je devais finalement admettre que j’étais adulte et qu’il était temps que je me trouve un emploi. J’ai commencé à postuler pour des jobs dans la com dans le milieu artistique. Mais sans succès. J’ai donc élargi mes horizons petit à petit me disant que tant pis, je devrais ravaler ma fierté et bien commencer quelque part. Après tout je ne voulais pas vivre aux crochets de ma petite maman, mon immersion m’avait donné le goût de l’indépendance et mon addiction pour le shopping n’allait pas survivre si j’étais sans le sous. J’ai créé un document Excel pour y référencer tous les jobs pour lesquels je postulais. En l’espace de 9 mois, j’ai dû postuler pour plus de 200 jobs différents. J’ai eu quelques interviews mais rien n’était concluant. En parallèle, je recevais des notifications de LinkedIn pour me signaler que telle ou telle personne de ma promo venait de commencer un nouveau job. Un constant rappel de mon échec.

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J’ai fini par postuler pour tout et n’importe quoi. En privilégiant des jobs de vendeuse avec pour espoir de commencer en bas de l’échelle mais de lentement faire ma place dans la société et qui sait finalement arriver dans les bureaux. J’ai trouvé un premier job chez Bershka en plein Rue Neuve à Bruxelles. Un cauchemar. Certains soirs alors que nous fermions à 18h30, je restais jusque 23h-minuit à ranger le magasin afin qu’il soit prêt pour le lendemain. Ces heures n’étaient évidemment pas payées mais heureusement on pouvait les utiliser en heure de récup. Mon contrat était un 20 heure par semaine, j’en faisais largement le double si pas plus. Ajouter à ça le trajet en train de retour à la maison (une heure aller, une heure retour), j’étais littéralement au bout de ma vie. Et la cerise sur le gâteau? Je tombais souvent sur des potes qui venaient faire leur shopping le samedi et me racontaient leur vie, leur nouvel appart, leur relation de 5 ans avec leur High School Boyfriend, leur récente promotion… Même si notre parcours initial est identique, nous étions loin d’être en phase.

Après deux mois chez Bershka, j’ai finalement trouvé un autre job. Toujours dans le retail mais dans la petite boutique Vans à Bruxelles. La surface était plus petite, j’avais plus de responsabilités, l’équipe était géniale et surtout la culture Off The Wall me parlait beaucoup plus. C’est aussi à ce moment que j’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai eu ma première longue relation, passionnelle et forte. Travailler pour Vans n’était certainement pas ce que je m’étais imaginé pour carrière mais ne sachant pas trop ce que je voulais, cela me suffisait. Bien que tout n’était pas toujours rose, j’ai fini par m’épanouir. J’étais loin d’être en phase avec mon entourage mais je commençais à voir “la lumière au bout du tunnel”.

Une rupture et d’autres événements ont un peu retourné ma tête, j’avais envie de quelque chose de différent, d’explorer le monde et the rest is history. La suite des choses vous la connaissez bien: je suis partie au Canada dans l’optique d’y rester un an et de revenir avec un certain bagage qui j’espérais m’aiderait à trouver ce que je veux faire dans la vie et qui sait un emploi qui me passionne. Je n’étais clairement pas en phase avec mon entourage. J’étais à l’aube de mes 25 ans sans emploi, célibataire, pas de bébé en vue mais au moins, les autres m’enviaient mon audace. Cette fois, les rôles étaient inversés.

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Evidemment, les choses ne se sont pas déroulées comme je l’avais prévu. J’ai signé un premier contrat en bureau, un “vrai” job absolument pas lier à la communication ni à la mode ou la musique ou aucunes de mes passions mais c’était un job, dans un bureau avec un salaire correct. A 25 ans, après plusieurs années de galère, j’avais enfin my shit together. J’avais un job, je déménageais avec mon mec, je payais des factures, je remplissais mes propres impôts (je n’avais plus ma maman pour les faire à ma place mais pour ma défense le formulaire en Belgique est tellement plus compliqué qu’au Canada)… j’étais finalement une adulte, une vraie. Finalement à des kilomètres de mon entourage, j’étais enfin en phase avec eux. Il ne me restait plus qu’à trouver un job qui me passionne et bim le tour est joué!

Si vous me suivez depuis un moment, vous vous dites surement not yet girl! Yay une nouvelle rupture. Je vous en faisais part dans mon article How-to: Self-Love, celle-ci m’a un peu détruite mentalement parlant. En septembre 2016, je retournais sur les bancs de l’école et j’avais à nouveau des collocs. Je vivais dans une mini-chambre, dans une vieille maison, j’avais un job à mi-temps où je m’ennuyais à mourir. On peut dire qu’à 26 ans, j’étais à nouveau loin d’être en phase avec mes amis back home. Heureusement qu’il y en avait de tout âge dans ma classe, me donnant l’impression de ne pas être la seule paumée. Après cette année d’étude, j’ai trouvé un job en tant que Creative + Digital Strategist pour une agence de marketing.

On pourrait dire que d’un point de vue carrière, ça y est j’ai enfin trouvé ma place. Oui et non. Mon job me plait et m’apporte énormément. Mais ce n’est pas encore le job de rêve. Je ne sais pas à quoi ressemble le job de mes rêves mais je ne perds pas espoir, je reste ouverte aux opportunités. Je suis célibataire. La majorité de mes amis sont en couple, mariés, ont eu un bébé et même parfois un second en route. J’habite en collocation. Mes amis sont dans leur propre bachelor ou partagent un appartement avec leur significant other ou ils sont sur le point de faire construire. Ils ont des prêts hypothécaires. Au Canada, quand je suis à la banque ils sont toujours étonnés que je n’ai pas le moindre crédit. Mes amis en Belgique possèdent tous ou presque une voiture alors que je n’ai même pas le permis. Ouais, on est loin d’être en phase.

Avec cet article, je veux vous montrer que même si on est loin d’être au même stade que notre entourage et qu’éventuellement on est “à la traine” (comme moi) selon “la norme”, ce n’est pas grave. Tout peut changer du tout au tout, je ne le souhaite à personne bien évidemment mais on n’est à l’abri de rien. Rappelez-vous également que si tout semble parfait sur papier pour certains, tout est loin de l’être. Donc ne vous inquiétez pas trop si votre parcours est différent, un peu plus difficile, il est en constante évolution. Prenez votre temps pour faire les choses biens et si ce n’est pas pour tout de suite, restez optimiste, votre temps viendra.

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