je t’aime, moi non plus

J’ai un peu une love/hate relationship avec le français. Alors avant de m’attirer les foudres de tout le monde, je tiens à préciser que je ne parle pas des personnes ayant la nationalité française. De mon côté, je suis fière d’être belge, de ma culture et que le français soit ma langue maternelle, j’ai juste moins d’atomes crochus avec celle-ci.

De temps en temps, il m’arrive de me dire que je suis née dans le mauvais pays. D’ailleurs petite anecdote : je suis née en France, dans les Yvelines (78 rpz). Mes parents y avaient déménagé quelques années auparavant pour le travail de mon père. Mais j’ai failli naître à Milan car mon père devait s’y faire muter, il avait même déjà trouvé une maison pour nous. Pour finir, ses employeurs lui ont proposé un poste similaire en Belgique et mes parents ont opté pour celle-ci afin d’être proche du reste de notre famille. Il m’arrive de me demander si née en Italie, j’aurai eu ce même amour pour la langue de Shakespeare ? Oh et pour les petits curieux, j’ai la nationalité belge!

Je n’ai jamais été une grande fan de musique/film/série francophones

Ma maman est flamande et mon papa polonais, du coup à la maison, on écoutait peu ou pas de chanson française si ce n’est Brel ou Gainsbourg. J’ai plutôt été bercée par The Beatles, The Mamas & the Papas ou encore Bee Gees. Mon premier album ? Les Spice Girls, évidemment ! A l’étranger, lorsque l’on me demande mon groupe belge préféré, je me rends compte que j’ai beaucoup de mal. Alors bien sûr, nous avons de très bons artistes en Belgique mais jamais je ne citerai quelqu’un qui chante en français. Il faut dire aussi que nous avons beaucoup d’artistes qui s’expriment en anglais afin de se vendre nationalement à l’entièreté du pays (pour toucher les francophones et les néerlandophones) mais aussi pour se développer internationalement. Mon go-to ? Goose !

Petite je regardais bien évidemment les films en VF mais Les Bronzées, Le Diner de Cons, La Vérité si Je mens… ne font clairement pas partis de ma filmographie. En fait je me rends compte que j’ai beaucoup de mal avec l’humour français, ça ne passe pas. Il y a bien évidemment des exceptions comme La Boum ♥ ou Léon ou plutôt les films d’auteur belge. Mais les comédies françaises, qui soyons honnêtes, reviennent à 90% du cinéma français, mmm très peu pour moi ! Bon je ne dis pas certains films anglophones sont des gros ratés aussi hé

Du français à l’anglais, l’immersion totale

A l’adolescence je lisais un peu de tout, des auteurs francophones, des auteurs anglophones, d’autres ouvrages traduits en français. Puis en troisième secondaire, notre prof d’anglais a commencé à introduire de la littérature anglaise sur la royauté ou encore Sherlock Holmes. J’ai commencé à lire en anglais de manière plus assidue à l’âge de 20 ans. Ensuite tout naturellement, uniquement en anglais. Mon but était d’améliorer mon niveau et la meilleure façon d’apprendre une langue selon moi est l’immersion totale. Alors si vous ne pouvez le faire de manière physique en déménageant dans un pays, immergez-vous culturellement avec la musique, les films, les séries, les livres. Vous seriez surpris de ce que notre cerveau peut emmagasiner passivement. Depuis mes 20 ans, j’ai dû lire 2-3 livres en français pas plus.

Une coupure avec la culture francophone

Je suis belge donc l’anglais est très présent dans notre culture, c’est un peu la langue qui relie notre pays. La Belgique est un pays multiculturel de par son passé lors des différentes occupations et de par son présent. Beaucoup d’institutions internationales y ont élu domicile, Bruxelles croule sous les touristes venus des quatre coins du monde et on est au centre de l’Europe. On est au milieu de tout, influencé par tous, c’est un peu la crise existentielle donc parler anglais est devenu une nécessité !

Lorsque j’ai débuté mon blog, il était naturel pour moi d’écrire en français. A l’époque, je n’étais pas à 100% confortable avec l’anglais. Puis au fil des années j’ai développé une petite communauté autour de moi et en arrivant au Canada, j’ai décidé de continuer en français afin de garder un lien avec ma langue maternelle. Néanmoins avec cette immersion, je me suis rendu compte que je suis très peu de blogs et de youtubeurs francophones. Lorsque j’ai publié mon article food for thought où je vous parlais de ma découverte des podcasts, je n’avais aucun podcast francophone à vous proposer. Tout simplement car cela ne me tente pas.

J’habite au Canada

De temps en temps, je comprends que c’est un peu flou pour certains donc je vais vous faire un mini cours de géographie canadienne. Le Canada est un pays bilingue composé de 10 provinces et 3 territoires, avec seulement une province qui parle uniquement français : le Québec. Pour ma part je vis à Toronto dans l’Ontario, une province anglophone. Dans la vie de tous les jours, si je ne vois pas mes amis francophones, je m’exprime 99,99% du temps en anglais. Je garde 0,01% pour les fois où je me cogne la tête dans la mansarde de ma chambre et que je jure !

Certaines personnes m’ont reproché de m’exprimer dans les deux langues sur mon blog. Les anglophones seraient déçus car ils pensent tomber sur un blog anglophone à cause de mes titres en anglais. Et les francophones seraient troublés car ils ne comprennent pas l’une ou l’autre expression anglophone que j’ai utilisée dans un article. Je comprends la position de ces deux avis, néanmoins l’anglais et le français sont deux langues qui font parties de mon identité.

Mon blog, c’est moi ou une petite partie de moi. Cela va de soi que j’y écris en français vu que c’est ma langue maternelle et que j’y ajoute l’une ou l’autre expression anglophone de temps en temps. Comme je le disais je m’exprime 99,99% du temps en anglais. Souvent lorsque j’écris un article, j’ai le mot anglais qui me vient à l’esprit et je dois le traduire sur Wordreference.com car impossible de revenir sur le mot adéquat en français (j’ai cette manie de vouloir un mot bien précis et même si j’en connais 10 synonymes non ça ne me convient pas et c’est comme ça depuis les dissertations en français au secondaire). Généralement j’essaie tant bien que mal de tout traduire en français mais de temps en temps quelques expressions m’échappent. Vous seriez surpris le nombre d’expressions, qui une fois traduites, perdent tout leur sens.

Alors oui, j’ai conscience que mon audience est francophone (principalement française) mais n’oubliez pas que je vis au Canada et que par conséquent, je vous fais part de mon expérience au Canada, utilisant des produits qui ne sont pas toujours disponibles en Europe, vous présentant des livres qui ne sont peut-être pas traduits en français, partageant avec vous beaucoup plus de coups de cœur anglophones (podcasts, séries, films, personnalités) car après tout j’habite dans une province anglophone hé. Si j’habitais en Suède, je vous présenterais probablement beaucoup de choses suédoises 🙂 Donc sorry not sorry mais ici on continuera à parler comme JCVD et il y aura plus de choses anglophones au programme que francophones. Le français restera à jamais mon premier amour but English is my true love.

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