altruism is my biggest flaw

S’il y a bien une question à laquelle je déteste répondre lors d’une interview pour un job c’est celle sur les qualités et les défauts. J’ai beau répété mon texte à la maison ça ne sort jamais naturellement. Je suppose que c’est dû au fait que les réponses sont assez clichées elles aussi.

En quittant mon travail au Canada, le directeur du département m’a dit qu’il me voyait réussir dans tout ce que j’entreprends grâce à mon adaptabilité. Et je me suis rendue compte que c’était ma force. J’ai beau changé de travail, de pays, d’environnement, j’arrive toujours à m’en sortir et à me faire aux nouvelles tâches ou têtes qui m’entourent assez rapidement. Puis quelques jours plus tard, l’idée du défaut m’a frappé. Mon plus grand défaut est mon altruisme. Cela peut sembler étrange. On qualifie généralement l’altruisme comme étant une qualité mais pour ma part c’est l’inverse. J’ai une fâcheuse tendance à faire passer les besoins et les envies des autres avant les miennes, me mettant toujours au second plan et ça me joue souvent du tort.

Par exemple, si je viens à sortir entre amis on va généralement faire ce que les autres veulent. Sortir dans leur bar préféré, manger leur nourriture favorite, prendre un pichet de bière de la bière de leur choix et j’en passe. Au début j’ai toujours pris ça pour du « je m’en foutisme » mais au final je me suis rendue compte que c’était parce que j’aime faire plaisir aux autres plutôt qu’à moi.

Mon idée lorsque j’ai décidé de déménager était de me rapprocher du centre ville de Toronto, de Queen West ou encore Ossington/Dundas West où les petits bars branchés coulent à flots. Pourtant je me suis retrouvée au Nord de la ville, à une heure du centre en transport en commun, dans un quartier résidentiel sans le moindre bar à l’horizon. Personne ne me rendait visite car trop loin et le weekend, je sortais peu car à cause du froid hivernale et tout était loin (attendre un bus pendant 30 minutes sous les -35°C, ressenti -45°C ça vous refroidit littéralement). Ne vous méprenez pas, je l’ai adoré cet appart, le loyer était peu cher et j’en ai fait quelque chose de cosy dont j’étais assez fière. Mais à nouveau, j’ai fait trop de concessions et quelque part je le regrette car j’ai l’impression de ne plus avoir pu profiter pleinement de cette belle ville qu’est Toronto.

Je suis toujours la dernière à contacter mes amis afin de faire quelque chose. La peur du rejet, la peur de déranger. Avec l’ère des réseaux sociaux, je me suis rendue compte que tout le monde se dit qu’on est super joignable donc les autres viendront à nous. Le problème est que tout le monde pense de cette façon et si personne dans votre entourage ne se bouge les foufounes (en français du Québec cela signifie les fesses) pour se voir et vous non plus, nous finirons tous asociales et rancuniers derrière notre écran.

En gros faire plaisir aux autres me fait plaisir. Mais ce dont j’ai vraiment envie, je ne l’exprime que très peu. Alors j’ai décidé de changer ça. Désormais je penserai à moi, à mes envies et j’irai dans cette direction. Cela peut sembler un peu égoïste mais de mon côté j’ai l’impression de vivre, de prendre des actions afin de sortir de ma zone de confort et ça fait un bien fou ! J’ai d’ailleurs contacté des amis que je n’ai plus vus ou à qui je n’ai plus parlé depuis des années et il n’y a aucun ressentiment. Ils ont tous accueilli mon retour avec étonnement mais enchantement également. Ça ne sert à rien de vivre avec des regrets ! Autant prendre le meilleur de ce que la vie a à nous offrir 🙂